Océans et développement de l’économie positive maritime

L’océan constitue la plus grande richesse partagée de l’humanité. Notre planète est recouverte à 70% d’eau, essentielle à l’équilibre des écosystèmes. Le rôle des océans dans une transition positive, favorisant les intérêts des générations futures, est primordial. L’ONU a ainsi proclamé en 2021 la Décennie de l’océan, sous le thème « L’océan dont nous avons besoin pour l’avenir que nous voulons ».

En résonnance, notre 10ème édition du LH Forum, qui débutera jeudi 23 novembre au Havre, sera le rendez-vous des territoires positifs en lien avec l’économie maritime et ses enjeux multiples. Ce Forum créé par Jacques Attali et Edouard Philippe a pour ambition de sensibiliser le plus grand nombre à l’économie positive, tout en valorisant les initiatives environnementales, sociales et économiques.

L’économie bleue regroupe l’ensemble des activités en lien avec l’eau, des rivages aux fonds marins. Celle-ci est pleinement intégrée à l’économie mondiale : dans son rapport « L’économie de la mer en 2030 »[1], l’OCDE l’évalue à 1 500 milliards de dollars. Il est difficile d’estimer avec exactitude le poids de l’économie bleue, ressemblant aussi bien l’aquaculture, l’écotourisme, l’énergie ou les biotechnologies. Il est cependant certain que tous les secteurs se déclinent de façon responsable : pêche durable, énergies renouvelables, écotourisme … 

Dès lors, l’océan et son économie offrent une multitude d’opportunités pour parvenir à une transition positive favorable aux générations futures. Le premier enjeu réside dans le changement d’approche de la nourriture provenant des océans, en luttant contre la surproduction. Ensuite, développer l’énergie propre, avec l’essor des énergies renouvelables en milieux marins, ouvre une voie prometteuse vers la décarbonisation. De plus, repenser le transport océanique est essentiel, sachant que 90 % des échanges commerciaux entre les États s’effectuent par voie maritime. Enfin, il s’agit explorer les nouvelles industries océaniques durables aussi bien pour les médicaments, les nouveaux matériaux ou encore les solutions de stockage du carbone. Un exemple expérimental est celui des mangroves – écosystème dit de « carbone bleu » – capables de séquestrer du CO2 et d’atténuer la hausse du niveau de la mer et les évènements extrêmes. Les écosystèmes existants sont ainsi également mis à contribution.

Par ailleurs, il faut inclure les populations locales dans cette nouvelle vision de territoires bleus réinvestis. L’économie positive maritime engendre une quantité d’emplois en pleine croissance, et représente un moyen de lutte contre l’extrême-pauvreté. À cet effet, la Banque mondiale crée de multiples programmes soutenant ces activités. En Afrique par exemple, avec le Programme régional des pêches en Afrique de l’Ouest[1] ayant pour objectif d’accroître durablement la contribution des ressources halieutiques marines à l’économie. En développant la pêche légale dans la région, le secteur emploie aujourd’hui plus de 3 millions de personnes. Les pouvoirs publics ont également tiré bénéfices de cet encadrement, les recettes publiques issues des licences accordées aux pêcheurs ayant notamment été multipliées par dix en Sierra Leone. Mais pour parvenir à un développement bénéfique à tous les niveaux, il est impératif que les océans soient protégés. Le rapport spécial du GIEC sur l’Océan et la Cryosphère paru en 2019[1] alerte quant à la santé de ces derniers. D’après les estimations de WWF, les deux tiers du produit marin brut dépendent directement de l’état de ce patrimoine[2]. Les dégradations sont telles que la Banque mondiale a intitulé son dernier rapport dédié uniquement à la pêche « Les milliards engloutis »[3], pointant les conséquences financières déjà significatives de l’actuel mode de production. La France, deuxième pays maritime au monde et unique dont le territoire est représenté au sein de toutes les régions océaniques, a particulièrement intérêt à s’engager en faveur d’une transition vers un développement économique positif.

Réussir la transition vers une économie positive maritime passe par une diversité de voix représentant les leaders, actuels et à venir, de l’océan. Nous aurons la chance d’échanger avec certains d’entre eux lors du LH Forum : des entrepreneurs, comme Simon Bernard, des militants, comme Lamya Essemlali, des explorateurs, comme Jean-Louis Etienne, des personnalités publiques, comme Édouard Philippe.

Sans nul doute, construire une économie océanique durable est l’une des tâches les plus importantes, mais aussi l’une des plus grandes opportunités de notre époque.

Lien vers le site du LH Forum, avec le programme et les inscriptions : https://www.institut-economiepositive.com/evenements/lh-forum/