Les obligations liées au développement durable (sustainability-linked bonds)

Les marchés financiers ont un rôle essentiel à jouer pour permettre l’allocation des capitaux vers une économie bas carbone. Près de 15 ans après l’apparition des obligations vertes, premier produit lancé dans cette perspective, une nouvelle classe d’actifs se développe rapidement, non sans susciter des critiques souvent justifiées et liées à un développement hétérogène sans cadre d’analyse approprié. 

Les « sustainability-linked bonds » ou les obligations liées au développement durable vont au-delà des obligations vertes en proposant de lier la performance environnementale ou sociale et le rendement financier. Pour l’instant exclusivement émises par les entreprises, avec un total d’émissions attendu à plus de 100 milliards de dollars en 2021, les auteurs anticipant l’intérêt des émetteurs souverains proposent un cadre pour choisir les métriques durables ainsi que les objectifs à choisir pour un pays. 

Ils suggèrent un cadre d’analyse basé sur la matérialité financière ESG (critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) et l’impact macroéconomique des métriques (KPIs) qu’ils proposent de lier aux objectifs de développement durable (Sustainable Development Goals). Une analyse quantitative originale est proposée pour évaluer et suivre la performance de ces instruments par les investisseurs et les émetteurs, a fortiori étant donné le développement rapide des obligations à impact durable sans cadre homogène. 

A l’aune de la COP26, les auteurs considèrent que les négociations climatiques internationales seraient facilitées si les gouvernements émettaient ces obligations à impact durable. Cet article propose ainsi une analyse approfondie de ces nouveaux instruments, essentiels à la transition globale de notre économie.

Synthèse en français du discussion paper : https://http://Synthèse en français du discussion paper : https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=3919159

Abdeldjellil Bouzidi, Membre du Conseil scientifique de l’Institut de l’Economie Positive et Responsable du Pôle Économie, Terra Nova