G20 Jeunes entrepreneurs et économie positive

Depuis la rentrée, les rencontres entre les dirigeants du G20, rassemblant les vingt premières économies mondiales, se multiplient. Outre les sessions ordinaires, les crises successives conduisent l’Italie, pays hôte, à tenir des sommets extraordinaires. Le prochain aura lieu le 12 octobre et concernera l’Afghanistan, pour discuter de l’aide humanitaire et de la lutte contre le terrorisme. Mais un autre G20 se tient en ce moment même à Milan et à Rome : le 13ème Sommet des Jeunes Entrepreneurs. Du 4 au 8 octobre 2021, il rassemble 400 dirigeants sous le thème « Global renaissance : sustainability, inclusion, and innovation for prosperity », et illustre la volonté grandissante de la jeunesse entrepreneuriale d’évoluer vers un nouveau modèle économique.

            Née en 2010, la Young Entrepreneurs’Alliance (G20 YEA) est le plus grand réseau mondial de jeunes entrepreneurs, réussissant des délégations venues de l’ensemble des pays membres du G20. L’objectif est de formuler des propositions de croissance, d’innovation et d’emploi au service d’un avenir durable. Ensemble, ils réfléchissent à des recommandations qui seront adressées aux gouvernements en amont du Sommet de Rome. Dans une période inédite de crise sanitaire et économique mondiale, ce dernier se concentrera sur la relance et l’accès aux financements.

La délégation de quatorze français rassemble à la fois des dirigeants de start-ups, de PME et de ETI (entreprises de taille intermédiaire). Pilotée par l’association Citizen Entrepreneurs, ils représenteront la France durant le Sommet. Leurs parcours sont aussi diversifiés qu’inspirants. Areeba Rehman, coanimatrice de la délégation, a par exemple créé la plateforme neutre FretBay, qui met en relation les personnes souhaitant faire expédier ou recevoir un objet lourd avec les prestataires de service de transport via le système d’enchères inversées, favorisant le remplissage des camions. Elle aide ainsi plus de 8000 entreprises de déménagement à optimiser leurs trajets. L’édition 2021 a également réunit Maryline Perenet, fondatrice de Digitowl Maryline Perenet, société accompagnant les enseignants à l’éducation numérique, ou encore Aurelie Billat Payet présidente de Kairos Fortuna, studio de création spécialisé dans le design durable.

Malgré le désenchantement et la crainte de l’avenir auxquels la jeunesse fait face, la conjoncture pousse également à agir. L’une des conséquences de la crise sanitaire, pour le sociologue Ronan Chastellier, a été de révéler l’insoutenabilité de notre modèle économique avec comme effet la mobilisation des jeunes entrepreneurs. Et quel dénominateur commun entre ces entrepreneurs ? Une volonté féroce d’avoir un impact positif. Loin d’être mus par la seule recherche de profits, ils cherchent à fonder un nouveau modèle, plaçant l’innovation sociale et environnementale au cœur de leurs projets. Les recommandations formulées par jeunes entrepreneurs du G20 lors de l’édition 2020[1] vont dans ce sens :  prioriser les investissements verts, adopter des politiques encourageant la jeunesse à se lancer « green business” et favoriser le recours à des méthodes décarbonées. Des mesures également soutenues par l’Institut de l’Économie Positive.

Les attentes envers cette nouvelle génération sont aussi nombreuses, semblables à celles entourant l’évolution du rôle de l’entreprise au sein de nos sociétés. D’après l’enquête menée par l’Institut en partenariat avec Insign, 92% des salariés du secteur privé sont favorables à une stratégie positive dans leur entreprise[2]. De plus, 87% des songés sont prêts à s’investir pour favoriser sa mise en place. Et l’économie positive est justement mieux connue par les 25/34 ans : + 7 points par rapport à la moyenne. Ces jeunes sont dès lors davantage susceptibles de créer des entreprises à impact.

Mais si la création d’entreprise semble accessible à tous, la réussite est souvent corrélée avec d’importantes ressources initiales. La plupart des fondateurs de start-ups demeurent issus des classes sociales supérieures, alors que l’entreprenariat représente une clé pour lutter contre la précarité de l’ensemble de la jeunesse. Des organisations aident à pallier l’insuffisance des politiques publiques en supportant des projets : c’est notamment le but de Positive Planet France[3], qui accompagne des jeunes issus de quartiers défavorisés dans leur création d’entreprise et au cours de leurs premières années d’activités.

            Au cours du LH Forum organisé par l’Institut en septembre, nous sommes partis à la rencontre de ces entrepreneurs, comme Simon Bernard, co-fondateur de Plastic Odyssey. En réalisant leurs projets, ils constituent une étape essentielle pour parvenir à la vision d’une transition positive telle que défendue par l’Institut. Nous espérons ainsi que les dirigeants écouteront les recommandations formulées par l’alliance des jeunes entrepreneurs du G20, représentant la voix d’une génération marquée par une volonté positive.

Brune Tavernier, Chargée de plaidoyer à l’Institut de l’Economie Positive


[1] Disponible à : https://static1.squarespace.com/static/5e67b8505cc05f67605d2fc1/t/5fa30dc8b3f7b036132f13c0/1604521427988/2020+Signed+Communiqué.pdf

[2] Disponible à : https://www.institut-economiepositive.com/wp-content/uploads/2021/09/enquete_economie_positive_salaries_prives.pdf

[3] Plus d’informations à : https://france.positiveplanet.ngo