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Le groupe Veolia est la référence mondiale de la gestion optimisée des ressources. Présent sur les cinq continents avec plus de 171 000 salariés, le Groupe conçoit et déploie des solutions pour la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie, qui participent au développement durable des villes et des industries. Au travers de ses trois activités complémentaires, Veolia contribue à développer l’accès aux ressources, à préserver les ressources disponibles et à les renouveler. En 2018, le groupe Veolia a servi 95 millions d’habitants en eau potable et 63 millions en assainissement, produit près de 56 millions de mégawattheures et valorisé 49 millions de tonnes de déchets. Veolia Environnement (Paris Euronext : VIE) a réalisé en 2018 un chiffre d’affaires consolidé de 25,91 milliards d’euros.  

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Extrait de l'interview d'Antoine Frérot pour le Manifeste qui paraîtra à l'issu du Global Positive Forum

Quel est votre ressenti face aux priorités déterminées par les citoyens du G20 ? Parmi les cinq enjeux identifiés par les citoyens (protection de l’environnement, lutte contre la pauvreté, éducation, transparence, droit des travailleurs), lesquels considérez-vous comme prioritaires ?

 

« Ces priorités s’échelonnent à la fois sur le court terme et le long terme. Autrement dit, les citoyens ne veulent pas sacrifier le long terme au court terme, et inversement. Cette position, qui embrasse les différents horizons temporels, me paraît saine et équilibrée, là où, parfois, des acteurs économiques adoptent une politique trop centrée sur le court terme.

 

Parmi les 5 enjeux identifiés par les citoyens, deux me paraissent prioritaires. D’abord, la protection de l’environnement, car elle conditionne la santé humaine et le développement économique, alors même que s’accentuent les défis environnementaux : urgence climatique, extension du stress hydrique, raréfaction des ressources naturelles, érosion de la biodiversité… Ensuite, l’éducation, car elle est un passeport vers l’emploi et un vecteur d’insertion professionnelle. En cela, elle permet de répondre à un autre enjeu, celui de la lutte contre la pauvreté et la précarité. A plus long terme, elle donne aux générations futures les capacités de résoudre les défis qu’elles auront à affronter. »

Sur quels sujets faut-il accélérer ? Comment Veolia y participe ?

 

« Sur tous les sujets, il faut accélérer, tant les enjeux sont déterminants pour l’avenir ! Notre Groupe s’y implique de façons variées, en fonction de ses capacités d’actions, de ses priorités stratégiques et des pays dans lesquels il est implanté.

 

  • Ainsi, il a fixé un prix interne du carbone, qui figure parmi les critères d’arbitrage de ses investissements.
  • Il a étoffé son expertise dans l’efficacité énergétique pour les industriels et pour les bâtiments, afin de diminuer fortement leurs consommations d’énergie primaire.
  • Par ailleurs, nous nous attaquons aux formes de pollution les plus complexes. Dans le traitement des déchets industriels dangereux, qui exige des compétences de haut niveau et une parfaite fiabilité opérationnelle, notre activité a progressé de 50 % en 5 ans.
  • Autre exemple, Veolia est désormais partenaire d’une quinzaine d’incubateurs d’entreprenariat social dans le monde, contre trois il y a quatre ans. Ces incubateurs sont des lieux privilégiés d’insertion professionnelle et créent des emplois. »
Quel serait, selon vous, un engagement vertueux et réaliste à prendre par les entreprises pour adresser chacune des priorités identifiées par les citoyens ?

 

« Il existe une très grande variété d’engagements possibles, selon les secteurs d’activité de chaque entreprise, ses priorités stratégiques, les relations qu’elle a tissées avec la société civile, ses choix environnementaux et sociaux, les géographies où elle est implantée… Aussi vous répondrai-je en prenant des exemples spécifiques à Veolia :

 

  • En matière de protection de l’environnement : abaisser les émissions de gaz à effet de serre. Pour sa part, notre Groupe s’est engagé, en cumulé sur la période 2015-2020, à diminuer de 100 millions de tonnes ses émissions de CO 2 et à éviter chez ses clients 50 millions de tonnes de CO2 ;
  • En matière d’éducation : développer l’alternance et l’apprentissage qui constituent tous deux d’exceptionnels outils de formation, de professionnalisation et d’insertion. Sur les 5 dernières années, notre entreprise a accueilli près de 15 000 alternants, afin de donner à ceux qui n’ont pas pu se former à l’école, la chance d’acquérir, dans l’entreprise, les qualifications dont ils ont besoin ;
  • En matière de respect des droits des travailleurs : mettre en oeuvre un dialogue social de qualité, car c’est le socle de la cohésion sociale et une condition pour pouvoir mener des politiques de res sources humaines ambitieuses. Dans le Groupe Veolia, qui compte 170 000 salariés et est implanté dans une cinquantaine de pays, nous avons pris l’engagement, d’ici 2020, de couvrir plus de 95 % des salariés avec un dispositif de dialogue social ;
  • En matière de transparence : mett re en place des dispositifs de suivi, par des tiers extérieurs, des principaux engagements extra-financiers de l’entreprise. Après la définition de sa raison d’être, notre Groupe a formé un Comité des parties prenantes, constitué d’experts issus de la société civile et de représentants de clients, de fournisseurs, de salariés et des générations futures, qui donnera des avis à la direction de Veolia sur le bon accomplissement de sa raison d’être ;
  • En matière de lutte contre la pauvreté : réinvestir une large partie de ses dépenses sur les territoires où l’entreprise est implantée. A Veolia, nous nous sommes engagés à maintenir au-dessus de 80 % le pourcentage de nos dépenses réinvesties sur les territoires. »
Au cours des dernières années, vous vous êtes exprimé en faveur d’un prix du carbone élevé et prévisible, du développement de l’économie circulaire et de l’adoption d’une raison d’être par les entreprises : Quels progrès ont été réalisés ces dernières années par les entreprises sur ces sujets ?

 

« Sur le marché européen des quotas d’émission de CO2 , le prix de la tonne de carbone a augmenté de 7 € à une vingtaine d’euros. Ce prix n’est donc plus dérisoire et incite davantage les entreprises à investir pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, même si l’on reste encore loin du seuil de 40 € qu’il est nécessaire d’atteindre pour généraliser rapidement les solutions à bas carbone dans toutes les filières économiques. Il faudrait généraliser ce principe “pollueur-payeur” à toutes les émissions de gaz à effet de serre et utiliser le produit de cette redevance pour dépolluer.

 

En matière d’économie circulaire, de très nombreux pays renforcent leurs dispositifs réglementaires, en fixant des objectifs toujours plus élevés, que ce soit pour interdire les plastiques à usage unique, recycler les eaux utilisées, réutiliser les matériaux usagés… Dans les pays développés comme dans les pays émergents, la dynamique de transformation des déchets en nouvelles ressources s’intensifie.

 

Quant à l’adoption d’une raison d’être par les entreprises , le mouvement est amorcé en France grâce à la Loi Pacte. Il est trop tôt pour dresser un premier bilan de cette ouverture législative, mais, déjà, des entreprises de toutes tailles ont adopté une raison d’être ou travaillent à la définir. C’est un signe que ces entreprises ont conscience qu’elles doivent créer de la valeur sociale, en plus de créer de la valeur économique, et qu’elles s’organisent pour jouer un rôle plus positif et plus inclusif dans les sociétés dans lesquelles elles évoluent. Mais la raison d’être ne peut pas se se limiter à un slogan : elle doit couvrir le “pourquoi”, le “quoi”, et le “comment”. »

Les Etats et territoires agissent-ils suffisamment pour accompagner les entreprises sur ces sujets ? Quelle gouvernance mondiale pourrait permettre aux entreprises d’accroître leurs efforts ?

 

« Les Etats et territoires sont bien conscients de l’importance de ces enjeux, et du rôle des entreprises pour y faire face. Mais ils doivent gérer, à budget limité, de nombreuses priorités qui se télescopent entre elles. Prenons le cas des plastiques, le troisième matériau le plus utilisé par l’homme après le ciment et l’acier. A l’échelle mondiale, son taux de recyclage plafonne à 9 %.

 

Toutefois, beaucoup de gouvernements durcissent les normes et les territoires multiplient – avec l’aide des entreprises – les projets de construction d’infrastructures pour trier et traiter ces déchets. Pour aller plus loin, c’est moins d’une gouvernance mondiale, qui serait, dans tous les cas, longue à établir, que d’incitations nationales et locales dont les entreprises ont besoin. Ces incitations doivent accroître les débouchés pour les matières recyclées. Car il ne suffit pas de retraiter les plastiques, encore faut-il que des industriels achètent cette matière première secondaire pour l’incorporer à leurs produits. C’est là que les pouvoirs publics ont un rôle déterminant à jouer, pour renforcer la compétitivité des plastiques recyclés par rapport au plastique vierge, et pour encourager les industriels à les utiliser davantage. »